Cette réimpression de L'escole des filles, établie d'après la contrefaçon hollandaise de 1668, restitue l'un des textes les plus célèbres du libertinage français du XVIIe siècle. Sous la forme d'un dialogue pédagogique entre femmes, l'ouvrage détourne les codes de l'instruction morale pour explorer l'éducation du désir, la ruse sociale et l'hypocrisie des normes. Son style mêle vivacité conversationnelle, précision satirique et audace anticléricale, dans le contexte d'une littérature clandestine circulant aux marges de la bienséance classique. Michel Millot, auquel la tradition attribue ce texte, appartient à cet univers d'auteurs exposés aux poursuites et aux censures. La genèse de l'ouvrage s'éclaire par la culture libertine érudite, par l'essor de l'imprimé clandestin et par les tensions entre morale officielle et pratiques privées. La réimpression hollandaise rappelle aussi le rôle des presses étrangères dans la diffusion des ouvres interdites en France. Ce livre est recommandé aux lecteurs intéressés par l'histoire de la censure, des mours et de la prose dialoguée. Il ne se lit pas seulement comme une curiosité licencieuse, mais comme un document capital sur la naissance d'une parole critique, ironique et transgressive dans l'Europe moderne.